La saga de l'horlogerie
Cette saga de la mesure du temps fait partie d'un
triptyque (mesure du temps, aviation
et astronautique) qui a été réalisé
par des élèves de 4 classes de 3e du collège
Georges Pompidou à Orgerus (1997 à 1999) dans le
cadre d'une réalisation sur projet encadrée par
Solange E. leur professeur de technologie.
Saga
de la mesure du temps
Avant Jules CÉSAR, le
grand pontife est le maître du temps. Il éloigne
ou rapproche à sa guise les dates, allonge les magistratures
de ses amis, raccourcit celles de ses ennemis, accélère
les échéances des impôts, ...
Lorsque la république romaine s'écroule,
Jules CÉSAR impose une réforme du calendrier. Il
détermine les mois, fixe les fêtes, ramène
le début de l'année au 1er janvier et décide
de doubler un jour tous les quatre ans. Tout va s'organiser autour
de cette réforme.
Comment
ces jours étaient-ils comptés ? Comment déterminons-nous
aujourd'hui les années, les mois, les jours, les heures,
les minutes, les secondes,...
A vos marques, prêt ? Partons pour
la passionnante histoire de la mesure du temps racontée
par les élèves de troisième du collège
Georges POMPIDOU à ORGERUS.
Les
horloges solaires
Le moyen le plus ancien de mesurer le temps est
basé sur l'observation des cycles répétitifs
de la nature tels que :
· l'alternance du jour et de la nuit,
· la position du soleil, de la lune et des étoiles,
· le retour des saisons.
Le calendrier est né, dans les civilisations
agraires, de la nécessité de déterminer l'époque
des semailles et l'époque des moissons. Ainsi, en Égypte,
le temps est rythmé par l'alternance de trois saisons :
les crues du Nil, les semailles et la croissance, la récolte
et la sécheresse.
Bien
préparées, les crues des fleuves fertilisent le
sol et garantissent une bonne récolte, alors que non prévues,
ces mêmes crues n'apportent que mort et dévastation.
Il est donc capital de mesurer le temps.
Le premier instrument que l'homme ait inventé
s'appelle le gnomon. Le gnomon mesure l'heure d'après la
longueur de l'ombre portée par un simple bâton planté
dans le sol. L'ombre est la plus courte à midi et la plus
longue au lever et au coucher du soleil.
Mais cet instrument est difficile à étalonner,
la longueur de l'ombre variant avec les saisons et la latitude.
L'observation du mouvement du soleil amène
nos ancêtres à mesurer le temps, non plus sur la
hauteur du soleil, mais sur son déplacement d'Est en Ouest.
Cette
horloge est composée d'un cadran sur lequel sont indiquées
des lignes horaires. A leur intersection, on fixe une tige appelée
style ou gnomon. Pour que l'ombre se déplace régulièrement,
cette tige doit être plantée parallèlement
à l'axe de la Terre. L'inclinaison du style varie donc
selon le lieu d'utilisation.
L'ensemble cadran et style s'appelle un cadran
solaire.
Toutes les civilisations, de l'Égypte à
la Chine, du Mexique au Moyen-Orient connaissent cet instrument.
Les plus anciens dont on ait la trace sont égyptiens et
datent d'environ 2000 ans avant J.C.
Pour les fabriquer, les Chinois utilisent le jade,
les Assyriens la terre cuite ou le bronze. Ces matériaux
ne permettant aucun ajustage, les premiers cadrans sont très
peu précis.
Vers 500 avant J.C. des systèmes de plusieurs
cadrans agencés les uns aux autres apparaissent en Grèce
: ce sont les horloges astronomiques.
Vers
300 avant J.C. Parménion construit les premiers cadrans
solaires universels, c'est à dire dont l'orientation est
modifiable selon le lieu. Archimède décrit, à
l'aide d'un globe mobile, les mouvements du soleil, de la lune
et la rotation du ciel.
Ptolémée, au IIe siècle après
J.C. décrit avec précision les mouvements de quelques
planètes autour de la Terre qu'il imagine fixe et plate
au centre du monde. Il invente le premier astrolabe, représentation
plane de la sphère céleste, servant à localiser
les astres à un moment quelconque de la journée.
Les
sabliers et les chandelles
Les
horloges solaires présentent l'inconvénient de ne
pouvoir servir que le jour et par temps ensoleillé. Il
faut donc inventer d'autres systèmes pour mesurer le temps
la nuit et par jour de pluie.
Dès
l'antiquité, les chinois inventent alors un instrument
constitué d'une ampoule de verre étranglée
en son milieu et hermétiquement close. Elle contient du
sable très fin qui met un temps déterminé
pour s'écouler par l'étranglement.
C'est le sablier.
Sa fabrication nécessite d'utiliser un sable
très fin, très homogène et très sec.
Il faut en effet que les grains de sable ne s'amalgament pas et
ne restent pas collés aux parois. Cet instrument de mesure
indique une durée mais ne donne pas l'heure. Cette durée
est courte : elle excède rarement 30 minutes. Pour mesurer
un temps plus long, il faut retourner le sablier dès que
le sable a fini de tomber dans la partie inférieure.
Léger,
peu encombrant, facile à utiliser, le sablier se multiplie
dans le monde entier, et pénètre presque tous les
secteurs d'activité. Au 16° siècle, on en fabriquera
encore partout sous des formes et des tailles très diverses
: Ses applications furent multiples : par exemple, compter les
tours de gardes des soldats romains.
Au XVIIIe siècle, le roi Louis XVI visitait
des ateliers lyonnais. Il fut fort surpris de voir un sablier
se retourner automatiquement au bout d'une heure,... et actionner
un cadran horaire où apparut le chiffre correspondant à
l'heure.
Nous l'utilisons encore de nos jours pour cuire
les ufs à la coque, ou jouer au Scrabble.

Le sablier était indispensable sur les bateaux
qui ne pouvaient embarquer aucune horloge. En 1761, le chanoine
Pingré embarqua à bord du Comte d'Argenson, vaisseau
de la Compagnie des Indes.
De retour, il raconta que l'aumônier ne se servait que de
sabliers usés, coulant plus rapidement, "...dans
l'espoir d'abattre sa messe en vingt minutes, ce qui était
du goût des officiers à bord".

Ce modèle contient quatre fioles d'une durée
de quinze minutes chacune. Il servait entre autre à réguler
le temps de parole de chaque conférencier.
Ainsi, Pascal, philosophe et mathématicien
du XVIIe siècle, écrivait en 1656 : " je
l'ai bien dit ce matin en Sorbonne ; j'y ai parlé toute
ma demi-heure, et sans le sable, j'eusse ... ".
oOo
parallèlement au sablier, d'autres horloges
destinées à mesurer un intervalle de temps se développent.
Entre autre, on voit apparaître les horloges à combustion,
faites avec une substance qui se consume à une vitesse
régulière.
Ce serait encore les chinois qui auraient inventé
les premiers ce type d'horloge en utilisant la combustion lente
d'un bâton d'encens. Ces instruments, baptisés "horloge
à feu chinois", prennent souvent la forme d'un dragon.
On dispose des fils à intervalles réguliers
sur le dos du dragon. Au bout de chaque extrémité
des fils pendent des boules de métal. Sous ces boules,
on place un plateau métallique.
Pour mettre en route l'horloge, on allume le bâton
d'encens placé dans le corps du dragon. Au bout d'un laps
de temps pré-défini, la flamme atteint le premier
fil, qui se met à brûler à son tour. Les boules
tombent alors dans le plateau métallique, en sonnant la
fin du premier laps de temps. Cette scène se répète,
à la même vitesse, jusqu'aux dernières boules

Mais
les chinois ne sont pas les seuls à imaginer un tel système.
Ainsi, au IXe siècle, un roi d'Angleterre éprouvant
le besoin de connaître l'heure la nuit, observe longuement
des bougies en train de brûler. Il calcule combien il en
faudrait pour s'éclairer pendant toute une nuit, sans interruption,
puis fait fabriquer les bougies dont il a besoin, en prenant bien
soin qu'elles aient la même taille, le même diamètre
et le même poids. Sur chacune d'elles, il grave des traits
horizontaux à égale distance les uns des autres.
Ainsi peut-il savoir à tout moment le temps qui s'est écoulé
depuis que la première bougie a été allumée.
Selon le même principe, au XVIIIe siècle fut fabriquée
une horloge à huile. Une petite mèche brûle
dans une coupelle d'étain où s'écoule l'huile
d'un réservoir de verre. Deux tiges métalliques
graduées permettent de suivre la baisse du niveau de l'huile.
Ce niveau correspond au nombre d'heures écoulées
depuis que la lampe a été allumée.