La saga de l'horlogerie (2)
Cette saga (deuxième partie) de la mesure
du temps fait partie d'un triptyque
(mesure du temps, aviation et astronautique) qui a été
réalisé par des élèves de 4 classes
de 3e du collège Georges Pompidou à Orgerus (1997
à 1999) dans le cadre d'une réalisation sur projet
encadrée par Solange E. leur professeur de technologie.
Les
horloges hydrauliques
Vers
1500 avant J.C., le pharaon Aménophis 1er se fait construire
une horloge dont la description sera découverte dans la
tombe de son garde des sceaux. Il s'agit d'un récipient
évasé, percé d'un orifice dans sa partie
inférieure, et dont les parois sont graduées.
On remplit ce récipient d'eau. Celle-ci
s'écoule bien sûr par le trou du fond ! Il suffit
d'étalonner une première fois ce débit (par
des traits sur les parois) pour utiliser ensuite ce "vase
percé" comme instrument de mesure du temps !
Cet ingénieux instrument s'appelle la clepsydre.
Ainsi, pendant que les chinois mesurent le temps
au rythme de la combustion lente de l'encens, les égyptiens
comptent le temps au rythme de l'écoulement de l'eau.
La
clepsydre la plus ancienne connue est conservée au musée
du Caire. Elle a été fabriqué sous le règne
d'Aménophis III (1408-1372 Avant J.C.), période
de luxe et de grandeur égyptienne.
La lecture est très approximative et de
plus, lorsque le récipient est vide ... il faut le remplir
! On améliore le système en plaçant un flotteur
sur le plan d'eau. Il suffit de maintenir sur ce flotteur une
figurine tenant à la main un index indiquant l'heure sur
une échelle graduée pour obtenir une lecture directe
de l'heure.
Mais
il faut toujours la remplir lorsqu'elle est vide !
On imagine alors le système inverse. Si
l'on plaçait ce même récipient, percé,
vide, au-dessus d'une surface d'eau ? Selon le principe des vases
communicants, il se remplirait de la même façon.
Mais lorsqu'il est plein, il coule au fond de l'eau, et il faut
le remonter,... ce qui n'est pas plus facile !
Difficile à manipuler, beaucoup moins précise
que le cadran solaire, la clepsydre fonctionne en l'absence du
soleil. L'horloge solaire, bien réglée est très
précise, mais ne fonctionne qu'avec le soleil ! Ce sont
les grecs qui trouvent les premiers la solution en mariant la
clepsydre au cadran solaire. C'est ainsi qu'au IIIe siècle
avant J.C., on construit en Grèce la première horloge
à eau astronomique.
L'emploi
des clepsydres se répand alors dans l'empire romain, dans
tout l'occident, en Chine, en Inde,...
Elles se perfectionnent, et l'on en trouve sous
des formes très diverses encore jusqu'au XIXe siècle.
Cette clepsydre fabriquée en 1670 fonctionne à l'aide
de tubes enchâssés dans deux globes de verre. Plus
besoin de la remplir, elle se retourne comme un sablier.
Mais le principal inconvénient de l'horloge
à eau réside dans son principe lui-même :
l'eau gèle l'hiver ! Ces instruments, longtemps utilisés
par les habitants du sud de la Mer Méditerranée,
deviennent inefficaces dès que l'on remonte vers le nord
de l'Europe.

Les
horloges mécaniques
De la clepsydre à l'horloge mécanique,
il n'y a pas de véritable rupture. On cherche simplement
à remplacer le poids de l'eau par le poids d'un solide.
Dans
les tous premiers prototypes d'horloges totalement mécaniques
le poids est une pierre ou un bloc de métal. On le suspend
à une corde enroulée autour d'un cylindre. En descendant,
la pierre entraîne le cylindre qui fait tourner un engrenage
muni d'une aiguille indiquant l'heure.
Mais un gros problème surgit : la vitesse
du poids s'accélère au fur et à mesure de
sa chute, et la rotation du cylindre avec ! Comment stabiliser
la vitesse de l'ensemble ?
Il faut trouver un dispositif régulateur
de la chute du poids. Ce mécanisme s'appelle "l'échappement".
La tradition attribue au moine Gerbert d'Aurillac, devenu pape
sous le nom de Sylvestre II, l'invention de l'échappement
à roue de rencontre, à la fin du 10e siècle.
C'est
au début du XIVe siècle, que sera mis au point un
échappement à peu près fiable, grâce
à l'invention du foliot. Il s'agit d'une lourde barre horizontale
servant de balancier, fixé perpendiculairement sur un axe,
lui-même relié à l'échappement, bloquant
la "roue de rencontre" qui, fixée à
l'axe de rotation, tourne sous l'action de la chute du poids.
Cette chute est ainsi freinée par la rencontre de l'échappement
et de la roue qui s'arrête. Le choc des deux pièces
mécaniques provoque un léger "tic". Le
poids étant plus fort que l'échappement, il reprend
sa course alors que l'échappement, entraîné
par le balancier, change de sens, se cogne dans la roue de rencontre,
arrêtant de nouveau la chute du poids avec un léger
"tac". Et tout recommence, dans un joyeux " tic-tac
", cadencé par l'oscillation du foliot.
C'est le principe de l'horloge à poids qui
est encore utilisé de nos jours dans nos traditionnels
"coucou".
En
1643, Giovanni di Dondi, physicien et astronome, commence à
construire une horloge de ce type pour la ville de Padoue. Il
met seize ans à la terminer. Il s'agit d'une réalisation
technique exceptionnelle, avec une rotation d'un cercle horaire
en vingt-quatre heures. A partir de ce moment, toutes les villes
d'Europe se précipitent pour avoir leur première
horloge publique. Mais elles ne sont toujours pas autonomes. Il
leur faut un "horlogeur" permanent qui remonte les poids,
surveille les mouvements et les sonneries, chauffe de l'huile
en hiver pour éviter que les rouages ne gèlent.
Ces horloges ayant une précision d'environ une heure par
jour, il est nécessaire de les remettre à l'heure
quotidiennement à l'aide d'un cadran solaire. Les 2 poids
règlent la précision. Pour réduire l'encombrement
du poids, certains horlogers le remplacent par un ressort en lame
d'acier enroulée. En se détendant, il génère
une force similaire à celle de la chute d'un corps.
Le terme "horloge" est formé des
mots grecs "hora" qui signifie "heure" et
"legain" qui signifie "dire". Il désigne,
depuis le Xe siècle, tout instrument de mesure du temps,
c'est à dire aussi bien une clepsydre, un sablier, qu'une
horloge solaire, à poids, ou autre.
Les horloges à
pendule
|
|
|
|
|
Galileo GALILEI,
dit "GALILEE"
Astronome et physicien italien, né à Pise
en 1564, il fût le premier à observer les planètes
avec une lunette en 1609.
Il en déduit les mêmes
conclusions que Copernic (1473-1543) : la Terre est ronde
et tourne autour du soleil, comme les autres planètes.
Mais l'Église considérait
que la Terre était au centre de l'Univers. Galilée
fut donc jugé par l'inquisition en 1633. Il se rétracta
pour éviter la peine de mort, mais fut condamné
à rester dans sa villa près de Florence, sous
la surveillance de l'inquisition. Il y mourut en 1642.
Il recevra le pardon du Vatican en ...
1992 !
|
|
Christiaan HUYGENS
Mathématicien et astronome hollandais, il est né
à La Haye en 1629.
Son père, diplomate hollandais,
lui donne une solide éducation dans le but de le
voir suivre ses traces dans la diplomatie. Mais Christiaan
se passionne pour la géométrie, les probabilités,
l'astronomie, l'optique, la mécanique et devient
un brillant scientifique.
Il meurt en 1695, après avoir
participé à un large développement
de l'usage des mathématiques dans la physique expérimentale.
On lui doit de nombreuses découvertes,
dont la nature des anneaux de saturne et la mise au point
de la théorie des ondes lumineuses
|
Vers les années 1600, un jeune homme nommé
Galiléo GALILEI assiste à la messe à la cathédrale
de Pise. Son attention se détourne alors du sermon de Monsieur
le Curé pour observer un lustre qui, suspendu à
la voûte par une longue chaîne, se met à bouger
sous l'impulsion d'une très légère secousse
sismique. Il s'aperçoit que les oscillations lentes, d'avant
en arrière, du lustre diminuent peu à peu d'amplitude,
mais gardent la même durée.
De retour chez lui, il complète ses observations
en suspendant des poids de masses différentes à
des cordes de tailles différentes. Après de multiples
expériences, il remarque un phénomène extraordinaire
et non encore explicable : tous les solides d'une même masse
suspendus à une corde d'une même longueur, ont des
oscillations de même durée, quelle que soit l'amplitude
du balancement. On dit que ces oscillations sont isochrones (du
grec : "isos", qui veut dire égal, et "chronos",
qui veut dire temps). L'ensemble "corde" et "poids"
s'appelle un "pendule", du latin "pendulus"
qui signifie "qui pend".
| |
Pendule en mouvement
Un pendule est constitué d'un
poids suspendu à une simple corde. Ce poids est soumis
à deux forces : son propre poids, c'est à
dire la gravité, qui agit toujours verticalement,
de haut en bas, la réaction du fil qui tient ce poids.
Au repos, lorsque le fil est parfaitement vertical, ces
deux forces opposées s'annulent, et le pendule ne
bouge pas. Mais si on lui donne une légère
impulsion, la résultante des deux forces fait osciller
le pendule, comme lorsque l'on pousse quelqu'un sur une
balançoire.
|
|
|
Galilée
consacre sa vie à l'étude des phénomènes
physiques en essayant de les expliquer par les mathématiques.
Il apparaîtra plus tard comme l'un des fondateurs de la
mécanique moderne.
Ce n'est qu'en 1641, qu'il essaye d'appliquer cet
"isochronisme" du pendule aux horloges à poids,
afin d'en augmenter leur précision. Mais il meurt un an
après. Son fils poursuit ses travaux, et dessine les plans
d'une horloge à poids utilisant un pendule comme régulateur
en 1649. Il meurt avant de l'avoir fabriquée.
Pendant ce temps, en Hollande, Christiaan HUYGENS,
travaille sur le même sujet. C'est lui qui trouve la façon
d'introduire le balancement régulier du pendule au mécanisme
qui actionne les aiguilles d'une horloge. La première horloge
à pendule est construite en 1657 et ne "prend"
plus que cinq minutes d'avance ou de retard maximum par jour.
On l'appelle ainsi "horloge de précision".
Comme pour la balançoire, il faut relancer
le mouvement du pendule par l'apport d'une source d'énergie
pour maintenir l'amplitude de l'oscillation constante. C'est la
chute du poids qui fournit cette énergie. Lorsque le poids
est complètement descendu, il faut le "remonter".
Avec le temps, "l'horloge à pendule" s'appellera
"pendule", d'où l'expression : "remonter
la pendule".

Le "remontage de la pendule" quotidien devient
vite une corvée car le poids est lourd. De plus, ces horloges
sont nécessairement hautes et encombrantes. Huygens a alors
l'idée de remplacer l'énergie du poids qui descend
par l'énergie du ressort qui se détend, comme pour
les horloges mécaniques à ressort.
A
cette époque, la mer représente une voie de communication
extrêmement importante pour le développement des
nations. Déterminer une position en mer, c'est à
dire "faire le point", nécessite de connaître
simultanément la latitude et la longitude du lieu. Or,
si les marins savent calculer la latitude depuis l'Antiquité,
grâce à la position des astres, la longitude nécessite
une précision horaire que les horloges à pendule
savent fournir. Mais elles ne peuvent s'utiliser sur un bateau
! (voir encadré ci-contre).
En 1669, les États Généraux
de Hollande proposent 3000 florins pour récompenser tout
progrès de la mesure du temps en mer.
Huygens met au point la première horloge
de précision maritime. Il suspend l'horloge au plafond
par un cadre métallique. L'axe du pendule reste ainsi horizontal
quel que soit le tangage du navire. Cette précision va
permettre d'introduire sur le cadran l'aiguille des minutes.
Mais un nouveau problème technique surgit
: le métal se dilate à la chaleur. Quand il fait
chaud, la pendule retarde, quand il fait froid, la pendule avance.
à
suivre...