La saga de l'horlogerie (3)
Cette saga (troisième partie) de la mesure
du temps fait partie d'un triptyque
(mesure du temps, aviation et astronautique) qui a été
réalisé par des élèves de 4 classes
de 3e du collège Georges Pompidou à Orgerus (1997
à 1999) dans le cadre d'une réalisation sur projet
encadrée par Solange E. leur professeur de technologie.
Les
horloges électriques
L'électricité
est connue depuis longtemps, mais malgré les travaux de
Benjamin Franklin (1706 -1790), personne n'a encore jamais réussi
à générer cette énergie.
En
1800, l'italien Alessandro VOLTA (1745-1827) présente le
premier système capable de générer un courant
électrique continu constant. Il s'agit d'une pile de disques
métalliques disposés de la façon suivante
:
- un disque de cuivre,
- un morceau de carton ou de chiffon imbibé d'un liquide
acidulé,
- un disque de zinc,
- un morceau de carton ou de chiffon imbibé d'un liquide
acidulé,
- et ainsi de suite,
de façon à former "une colonne
aussi haute qu'elle peut se tenir sans s'écrouler"
(c'est la description qu'en fit Volta lui même).
Cette nouvelle source d'énergie révolutionne
bien sûr le monde des sciences et des techniques.
Ainsi, en horlogerie, se pose le problème
de la remontée du poids ou du ressort pour les horloges
à pendule. A cette époque, seule l'énergie
musculaire, fiable mais fatigante, permet cette remontée
chaque jour ! Comment utiliser cette nouvelle source d'énergie
pour réduire la fatigue humaine ?
Un
grand physicien danois, OERSTED, observe pour la première
fois en 1819, qu'un courant électrique agit sur l'aiguille
d'une boussole en la faisant dévier. De nombreux autres
physiciens, dont AMPERE, étudient ce phénomène
et aboutissent à la réalisation de l'électro-aimant
: lorsqu'un courant le traverse, il s'aimante, lorsque le courant
cesse, il se démagnétise.
On commence par utiliser la force de cet électro-aimant
pour remonter le poids des horloges ou retendre leur ressort.
Le principe est simple : dès que le poids touche le bas
de l'horloge, le circuit électrique se ferme, faisant passer
le courant d'une pile dans l'électro-aimant qui remonte
alors le poids. Dès que le poids est remonté, le
circuit électrique s'ouvre, coupant ainsi le passage du
courant dans l'électro-aimant qui se démagnétise.
Le poids reprend alors sa chute normalement.
Puis
une autre idée germe dans l'esprit d'un écossais,
Alexander Bain : faisons agir directement ce même électro-aimant
sur le balancier ! Cela supprimera purement et simplement le poids
ou le ressort moteur. En 1840, il dépose le brevet d'une
horloge dont le pendule oscille sous l'action d'un électro-aimant
alimenté par une pile. Le pendule actionne lui-même,
à chaque oscillation, un contact électrique (un
interrupteur) qui ouvre ou ferme le circuit.
Le long et lourd pendule peut alors être
remplacé par une simple barre légère de métal.
Les horlogers sont bien sûr satisfaits, mais la " course
après le temps " pousse les chercheurs à se
mettre en quête d'autres solutions, rendant les horloges
encore plus précises, encore moins encombrantes.
On
s'oriente alors vers la recherche de système " vibratoire
", c'est à dire dont les oscillations sont extrêmement
courtes et rapides. On les appelle des "résonateurs".
C'est ainsi que l'on fabrique une horloge à l'aide d'un
diapason qui vibre sous l'action d'un courant alternatif. Sa précision
est de l'ordre de la seconde par jour.
Les horloges à
quartz

Le
quartz, composé de silice et d'oxygène, est le minéral
le plus répandu à la surface de la Terre. Présent
dans de nombreuses roches (granite, sable, grès), il est
incolore à l'état pur. Mais s'il contient des impuretés,
il se pare de jolis reflets mauves, jaunes, ... On l'appelle alors
: améthyste, topaze, ...
Cette
roche se présente sous forme de cristaux que l'on peut
tailler. En 1880, Pierre et Jacques CURIE (voir encadré)
découvrent que ce cristal très dur, selon la manière
dont il est taillé, peut vibrer de façon très
régulière s'il est soumis à une action mécanique
(pression ou traction). Cette vibration s'accompagne d'une "différence
de potentiel" entre ses deux extrémités. Inversement,
si l'on applique un courant alternatif entre ses deux pôles,
il vibre et se transforme en oscillateur. Ce phénomène
s'appelle la "piézo-électricité".
Le nombre d'oscillations par seconde s'appelle "la fréquence".
Or, cette fréquence possède les deux qualités
les plus recherchées pour mesurer le temps :
- elle est très stable, c'est à dire
qu'elle ne change pas, et les physiciens savent la calculer avec
une grande précision,·
- elle est extrêmement élevée.
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Pierre CURIE, physicien français né
à Paris en 1859, entre très jeune avec son
frère Jacques (1855-1941) dans la recherche scientifique.
Ils découvrent ensemble en 1880 la piezoélectricité.
En 1895, il épouse Marie SKLODOWSKA, polonaise,
qui s'associe à ses travaux sur la radioactivité.
Après avoir partagé avec sa femme, en 1903,
le prix Nobel de Physique, il meurt en 1906, écrasé
par un camion. Marie continue alors ses recherches et obtient
en 1911 un deuxième prix Nobel, qu'elle partage avec
Pierre à titre posthume.
L'opinion publique conservera dans sa mémoire un
groupe de noms indissociables "Pierre et Marie CURIE",
symbole d'une grande histoire d'amour dans l'histoire de
la science.
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Le quartz vibre 32.440 fois par seconde ! Imaginez
le pendule de GALILÉE qui oscillerait à une telle
vitesse : impensable !
Il va suffir de recueillir cette vibration pour
obtenir une mesure du temps avec une précision encore jamais
égalée : de 0,1 à 0,5 seconde par jour. C'est
à dire qu'une montre à quartz sera 50 fois plus
précise que la meilleure des montres mécaniques
!
Cette découverte va bien sûr révolutionner
l'horlogerie.
En 1936, une première montre à quartz
est fabriquée industriellement. Mais la 2ème guerre
mondiale, qui éclate en 1939, en empêche sa commercialisation.
En 1952, un horloger français, Fred LIP,
propose sur le marché un modèle de montre à
quartz utilisant une pile électrique. Trop grosse, trop
lourde, trop chère, cette montre ne se vend pas.
En 1956, au Congrès International de Chronométrie,
à Paris, un quartz synthétique, mis au point aux
USA, permet d'abaisser les coûts de production.
Il
reste à réduire le poids et l'encombrement. Une
idée lumineuse germe alors dans la tête des chercheurs,
fortement influencés par les progrès exceptionnels
de l'électronique à cette époque : "
et si l'on remplaçait les traditionnelles aiguilles par
un affichage direct des chiffres ?

Sept
petits bâtonnets lumineux, éclairés ou non,
peuvent en effet former tous les chiffres :

Mais, comment afficher ces bâtonnets ?
L'électronique, confrontée aux mêmes
problèmes de poids et d'encombrement des composants, va
voler au secours de l'horlogerie.
En 1959, Texas Instrument met au point un des premiers
circuit intégré, dans le principal but de réduire
la taille des ordinateurs, et d'accélérer leur vitesse
de calcul.
Un circuit intégré est un ensemble
de composants électroniques simples (résistances,
diodes, condensateurs, transistors,...) miniaturisés, connectés
entre eux sur une toute petite plaque (quelques mm) de silicium,
appelée "puce". Concevoir un calculateur en circuit
intégré devient alors possible. C'est ainsi qu'un
électronicien suisse, Max HETZEL, met au point la première
horloge pourvue d'un oscillateur à quartz et d'un circuit
intégré assurant les fonctions de comptage et d'affichage.
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Circuit intégré et affichage
digital
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Circuit intégré et affichage
à aiguilles
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La NASA s'en sert pour déclencher des commandes
sur les satellites artificiels.
C'est en septembre 1969, lors du colloque international
de chronométrie, à Paris, que l'on présente
pour la première fois une montre-bracelet à quartz
fabriquée en série : l'ère de la montre à
affichage digital est née.
Les trois problèmes rencontrés par
M. LIP sont enfin résolus, mais le principal reste à
faire : séduire le client . En effet, ces premières
montres à quartz ressemblent plus à un calculateur
électronique qu'à une horloge !

Elles
n'ont pas d'aiguilles, ne se remontent pas, ne chantent plus "tic",
"tac" "tic", "tac"... cette agréable
mélodie que l'on fait écouter avec délice
à "bébé qui sourit" ! Cela nécessite
de changer les habitudes et les mentalités du public !
C'est la société japonaise SEIKO
qui, en 1972, réussi la première à s'introduire
sur le marché. Mais le prix de cette technologie reste
élevé, et seule une faible couche de la population
peut se l'offrir.
SEIKO, change alors son procédé de
découpage du quartz et réussi à baisser ses
coûts de production. L'horloge à quartz à
affichage digital envahie ainsi toutes les couches de la population.

Pendant
ce temps, les autres fabricant réussissent à associer
l'oscillateur à quartz et le cadran à aiguilles.
Le mariage de la plus haute technologie de précision et
de l'orfèvrerie est ainsi réalisé.
L'horloge atomique
L'atome
est constitué d'électrons qui gravitent sur des
orbites autour d'un noyau, un peu comme le système orbital
des planètes autour du Soleil. Les orbites sont situées
à différentes distances du noyau.
Contrairement aux planètes, les électrons
peuvent changer d'orbite s'ils sont "excités"
par un apport d'énergie externe. Le déplacement
des électrons d'une orbite à l'autre s'appelle la
transition.
Mais, l'électron " n'aime pas "
tourner sur une orbite qui n'est pas la sienne .Ainsi, cherche
t-ilà revenir très vite dans sa position initiale.
Comme un ressort qui oscille pour reprendre sa position d'équilibre,
l'électron change d'orbite en transitant d'une orbite à
l'autre plusieurs fois par seconde. Ce nombre d'oscillations correspond
à sa fréquence. Cette fréquence, possède
les deux mêmes qualités que celles du quartz en oscillation
:
- la stabilité,
- la rapidité.
Mais ces qualités sont multipliées
par 100 000 !
Ainsi, l'électron de Césium excité
vibre 9 192 631 770 fois par seconde ! Plus de 9 milliards d'aller-retour
pour un électron en une seconde !
C'est en 1955 que la première horloge utilisant
ce procédé a été mise en service.
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Jusque là, on avait défini le temps comme
la division des jours, laquelle dépendait de la rotation
de la terre autour du soleil.
Mais on sait maintenant que la rotation terrestre est irrégulière.
La Terre tourne plus ou moins vite autour du Soleil, c'est
à dire que 24 heures sont plus ou moins longues.
Une seconde calculée en divisant la longueur d'une
journée par 86.400 implique qu'une seconde aujourd'hui
peut être plus longue ou plus courte qu'une seconde
demain !
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Horloge atomique à hydrogène
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Cette extrême précision va permettre
à la planète entière de vivre à une
heure unique. En 1967, lors de la treizième Conférence
générale des Poids et Mesures, le Système
International d'Unités définit la seconde comme
la durée de 9.192.631.770 périodes de l'onde émise
par un électron pour passer d'une couche à l'autre
dans un atome de Césium.
En 1972, cette définition du temps, rendue
obligatoire pour dater les événements scientifiques,
est appelée le TAI : Temps Atomique International.
Jusque là, on avait défini le temps
comme la division des jours, laquelle dépendait de la rotation
de la terre autour du soleil. Mais on sait maintenant que la rotation
terrestre est irrégulière. La Terre tourne plus
ou moins vite autour du Soleil, c'est à dire que 24 heures
sont plus ou moins longues. Calculer la seconde en divisant la
longueur d'une journée par 86.400, implique qu'une seconde
aujourd'hui peut être plus longue ou plus courte qu'une
seconde demain !
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Le système GPS (Global Positionning System) fournit
la position de tout récepteur à partir de
24 satellites situés à 20 000 km d'altitude
et des horloges atomiques. Ce système se retrouve
partout : dans les mesures des tremblements de terre, de
la dérive des continents, sur les voitures du Paris-Dakar,
ou celles de la RATP.
Ces horloges atomiques à jet de Césium ont
pour dimensions : 40 cm X 30 cm X 50 cm Leur exactitude
est d'environ 1 seconde de variation tous les 300.000 ans
!
Qui est chargé de les remettre à l'heure
?
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Le récepteur GPS calcule sa position
en mesurant le temps que met le signal que le signal soit
émis par chaque satellite pour venir jusqu'à
lui.
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à
suivre...