La saga de l'horlogerie (4)
Cette saga (quatrième partie) de la mesure
du temps fait partie d'un triptyque
(mesure du temps, aviation et astronautique) qui a été
réalisé par des élèves de 4 classes
de 3e du collège Georges Pompidou à Orgerus (1997
à 1999) dans le cadre d'une réalisation sur projet
encadrée par Solange E. leur professeur de technologie.
Les montres
Une
montre est une petite horloge portative destinée à
fonctionner dans toutes les positions et pouvant être mise
commodément dans la poche. Les premières montres
sont égyptiennes : elles sont constituées d'un cadran
solaire incrusté dans un boîtier. Elles datent de
l'Antiquité.
Selon le même principe, la "montre
des pasteurs" composée d'un style mobile et d'un
cylindre sur lequel des courbes sont tracées, indique les
différentes époques de l'année. Ces montres
ne sont alors qu'utilitaires (agriculteurs, bergers, pasteurs...).
Mais dès le XIVe siècle, les Seigneurs
souhaitent afficher sur eux les instruments "modernes"
de mesure du temps, qui représentent alors un signe extérieur
de richesse et de nouveau pouvoir.
Il est bien sûr hors de question de transporter
sur soi une horloge à pendule, même à ressort
! Mais l'idée du ressort, déjà utilisé,
va persister. On l'utilisait pour remplacer le lourd et encombrant
poids, c'est à dire comme "moteur". Il reste
à remplacer l'oscillation du pendule par ... l'oscillation
du ressort ! C'est ainsi que les montres mécaniques ont
deux ressorts :
- un ressort de balancier qui oscille,
- un ressort moteur qui se détend.
Le
4 avril 1480, Jean de Paris, horloger de Louis XI, reçoit
seize livres en paiement d'une horloge sonnant les heures "pour
porter avec lui en tous lieux où il ira". A la même
date, le duc de Milan et sa cour portent des montres à
sonnerie fixées à leurs vêtements.
Bien qu'il y en ait eu d'autres, le premier artisan
dont le nom restera attaché aux montres portables, habite
Nuremberg et s'appelle Pierre Henlein. Il fabrique en 1512, de
petites horloges marchant quarante heures, que l'on peut suspendre
autour du cou, ou porter avec soi dans un sac. Ces montres sont
connues sous le nom "d'uf de Nuremberg".
A la même période, Blois est un centre
de production horlogère renommé.
Les
montres n'ont qu'une aiguille, ciselée. La forme d'amande
prévaut, suivi par les formes octogonales et en croix.
Elles sont en cristal de roche et en cuivre, l'argent étant
principalement réservé au cadran. L'ornement consiste
en arabesques, allégories, devises, paysages, vues de villes,
scènes mythologiques et certaines ... plus coquines.
En 1518, à Blois, Julien Coudray livre à
François Ier, roi de France, deux poignards contenant chacun
une montre dorée logée dans le manche. Entre 1520
et 1540 sont fabriquées des montres dites "pommes
musquées". Ce sont des sphères en bronze
doré, percées et dans lesquelles on place une petite
éponge imbibée de parfum.
Au XVIe siècle, les montres de poche se
généralisent, sans que leur précision s'améliorent.
Elles varient d'un quart d'heure par jour et doivent être
remontées toutes les six ou sept heures.
Au XVIIe siècle, sous Louis XIII, l'aiguille
des minutes apparaît, puis celle des secondes. Les formes
se diversifient : boutons de fleur, fleurs ouvertes, animaux,
... on trouve même des têtes de mort ! Nombre d'entre
elles sont dotées d'un système pour sonner l'heure.
L'utilisation de ces montres " sonnantes " est suffisamment
répandue pour justifier l'élaboration d'un "code
de bon ton" publié en 1644. "Ceux qui
ont une montre sur eux, où ils regardent les heures, les
demi-heures et les quarts d'heure, s'en peuvent quelquefois servir
pour la mesure et la contenance de leur visite. Néanmoins,
cela sent trop son homme d'affaires d'y regarder en présence
de chacun ; de plus, cela est désobligeant envers les personnes
chez qui vous êtes, d'autant qu'il semble que vous ayez
promis ailleurs, et qu'il vous tarde d'y aller. Pour les montres
sonnantes, elles sont fort incommodes, à cause qu'elles
interrompent la conversation. C'est pourquoi il faut mettre en
usage certaines montres nouvelles, où les marques des heures
et des demies fassent si relevées qu'en les tâtant
du doigt, on pût reconnaître sans qu'il fût
besoin de les tirer de sa poche pour les regarder."
A la fin du XVIIe siècle, la propriété
individuelle d'une montre ne concerne pas seulement l'aristocratie,
mais également les classes moyennes. Les femmes les portent
souvent à la ceinture, suspendues par un ruban, ou une
chaînette.
Les hommes la portent d'abord attachée à
une chaîne. La chaîne giletière accompagnera
l'apparition du gilet et du gousset.
Mouvement
d'une montre mécanique

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Le ressort de balancier
transmet son mouvement d'oscillation à la roue de
balancier qui actionne l'ancre. Celle-ci balance de gauche
à droite en s'engageant alternativement dans les
dents de la roue d'échappement. Le ressort moteur
se déroule lentement pour actionner les aiguilles
par une série d'engrenages. La roue d'échappement
assure la parfaite synchronisation de l'ensemble. Pour déterminer
la vitesse du mécanisme, on règle la tension
du ressort de balancier.
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Pour obtenir le statut de "maître horloger",
l'artisan doit fabriquer un chef-d'uvre. Cet ouvrage est
nécessairement une montre à réveille-matin.
Petit
à petit, les sonneries cessent et le nombre d'aiguilles
et de cadrans se multiplie.
Au début du XXe siècle, la montre
bracelet prévaut. Elle suivra l'évolution de la
technologie des horloges en ce qui concerne le mécanisme,
jusqu'à la montre à quartz ... il n'y a pas encore
de " montre atomique " !

L'industrie horlogère
Étrange
profession que celle des horlogers ! Héritiers des prêtres,
des sorciers, des forgerons, des armuriers, des astrologues, ...
l'horloger du moyen âge doit être un excellent technicien.
Il doit savoir fabriquer des rouages et des pièces,
manipuler le métal et le feu. Aussi la technique de fabrication
des horloges astronomiques à eau rejoint-elle celle des
serrures et des clefs, des armes et des armures.
Leur caste se ramifie en de nombreux métiers
: ferronniers, taillandiers, chaudronniers, orfèvres, serruriers
et mécaniciens.
C'est
pour faire progresser la précision de l'horlogerie que
sont inventées les premières machines-outils, utilisées
ensuite dans la serrurerie, l'industrie textile et l'armement.
Installée en général près
des centres sidérurgiques, les horlogers sont les premiers
à se regrouper et s'organiser. Ainsi, à la fin du
XIIe siècle, à Cologne, en Allemagne, plusieurs
horlogers s'installent dans une même rue qui s'appellera
" rue des horlogers ".On retrouve ce phénomène
en France, en Italie, en Flandre, en Suisse.
En 1544, à Paris, sept serruriers demandent
à François 1er, l'autorisation de se constituer
en corporation. Ils expliquent au roi combien il est nécessaire
" pour le bien public qu'il y ait des personnages experts
connaissant et sachant sûrement le métier d'horlogeur,
et qu'ils fassent ces ouvrages de bonnes matières premières
pour obvier aux abus, malfaçon, fautes et négligences,
" .
François
Ier accorde le statut d'horloger et réserve aux seuls maîtres
de la corporation " le droit de faire horloges ou réveille-matin,
montres grosses et menues et autres ouvrages dudit métier.
"
Des corporations se créent à Nuremberg,
à Blois, à Genève, à Londres.
Petit à petit, les règles de cette
corporation évoluent : en 1629, les serruriers français
conservent le droit de construire des horloges alors que les horlogers
n'ont plus celui de construire des serrures ! Les bijoutiers veulent
que le roi interdise aux horlogers de faire des boîtiers
en or !
A Paris, l'apprentissage, réservé
aux catholiques, commence à 12 ans chez un " maître
" puis :
· à la fin de six années d'étude,
l'apprenti devient "compagnon".
· au bout de quatre ans, le compagnon devient " jeune
maître ".
· après dix ans de pratique, il devient " maître
moderne "
· dix ans plus tard, il devient " maître ancien
".
· s'il exerce une responsabilité au sein de la corporation,
il accède aux grade de " bachelier ".
La profession est administrée par des jurés
élus pour deux ans parmi les membres de leur corporation.
Ils s'assurent de la bonne fabrication des ouvrages, gèrent
les finances de la communauté, la représente aux
cérémonies religieuses et civiles et procèdent
à l'examen des chef-d'oeuvres.
Le
métier s'apprend beaucoup de "père en fils".
On trouve des "dynasties d'horlogers", comme la dynastie
des Martinot où figureront six "horlogers du roi",
de Charles IX à Louis XIV.
A
partir du XVIIe siècle, de nouveaux métiers apparaissent,
générés par l'industrie horlogère.
Ainsi des fabricants se spécialisent dans les outils pour
horlogers et les verres pour les montres.
En 1788, un recensement genevois distingue seize spécialités
:
-
horloger,
- monteur de boîtes,
- fabricants de montres à répétition,
- faiseur d'aiguilles,
- faiseur de cadrans,
- faiseur de pignons,
- faiseur de ressorts,
- faiseur de pièces spécialisées...
- pendulier,
- polisseur spécialisé dans chaque métal,
- doreur.
A
ces métiers, il faut ajouter les spécialités
communes à l'horlogerie et à l'orfèvrerie,
tels que les marchands, les graveurs, les émailleurs, etc.
A la fin du XVIIIe siècle, l'horlogerie
est donc une industrie de pointe qui s'est installée là
ou se trouve le métal et se vend là où se
trouve le commerce.
A cette époque, les montres sont vendues
comme objets de luxe par les bijoutiers, les merciers, les couturiers
ou les parfumeurs. On voit apparaître quelques montres très
bon marché mais de qualité très médiocre.
Le mode de production change radicalement. En 1772,
Frédéric JAPY, un horloger français, regroupe
à la frontière suisse, près de Montbéliard,
300 paysans et artisans locaux. Ils deviennent salariés
d'une usine qui fabrique toutes les pièces d'une montre.
Quatre ans plus tard, sa production annuelle est passée
à 100 000 ébauches. Il est le premier horloger à
penser à produire un maximum de biens par unité
de temps.
Japy réussi très vite à s'imposer
contre les artisans suisses et anglais. Pour le concurrencer,
d'autres horlogers créent alors des usines en Angleterre
et en Suisse. En France, une usine Japy installée en 1777
au monastère de Beaupré, près de Besançon,
emploie 150 ouvriers, dont 95 faiseurs de mouvements, 44 finisseurs
et 6 faiseurs de machines-outils. Autour de l'usine de Japy, des
assembleurs s'établissent dans le Doubs, le Jura, la Savoie
et la Suisse.
La division du travail est ainsi née avec
l'horlogerie, très en avance sur le reste de l'industrie.
Peu à peu, les artisans horlogers deviennent les employés
d'autres horlogers propriétaires d'usines. Les corporations
horlogères disparaissent.
De nos jours, l'industrie horlogère se situe
principalement en Suisse, au Japon, à Hong Kong, en ex-URSS,
aux États-Unis, en Allemagne et en France.
En France, elle est restée principalement
implantée dans le Doubs, le Jura, l'Alsace et les Alpes.
D'autres régions, telles la région parisienne, la
Normandie et les Pays de la Loire, se sont lancées dans
la fabrication de réveils et de pendulettes.
En 1995, le chiffre d'affaires global de toute
l'industrie horlogère française s'élevait
à trois milliards de francs (450 millions d'euros) avec
un effectif de 7171 salariés toutes catégories confondues.
De
nombreux emplois indirects furent également générés
par l'horlogerie. Ainsi, la S.N.C.F. créa-t-elle des postes
pour assurer la meilleure précision horaire à son
trafic. Cette précision est réputée dans
le monde entier.
Fin
Bibliographie
Histoires du temps, Jacques ATTALI, Fayard,
1982
Les grandes inventions, Collection J'aime savoir, Bordas
jeunesse, 1990
Le temps et l'espace, Collection Passion des sciences,
Gallimard, 1995
Dis, comment ça marche ? Encyclopédie de
la jeunesse, Hachette, 1996
Le livre de l'outil, André VELTER et M. José
LAMOTHE, Messidor; 1986
Petit Larousse en couleur, Larousse, 1980
Pluri-dictionnaire, Larousse, 1974
Quid, Robert Laffont, 1997
La grande encyclopédie Larousse, Larousse, 1974
Le grand dictionnaire encyclopédique, Larousse,
1985
Nouveau Larousse illustré, Larousse, 1902
Encyclopédie notre monde, Atlas, 1994
Encyclopédie Encarta, Microsoft, 1993-1996
Liens
utiles
Club-info vous recommande l'excellent site de François
Blateyron sur les cadrans solaires :
http://perso.orange.fr/blateyron/sundials/fr/index.html
ainsi que le site de son programme Shadows
Pro très complet de fabrication de cadran solaire.
http://perso.orange.fr/blateyron/sundials/shadowspro/fr/download.htm
A voir également le site très complet
de l'ENS Lyon et notamment son "Musée du temps"
http://www.ens-lyon.fr/RELIE/Cadrans/
Une association :
Association Française
des Amateurs d'Horlogerie
Ancienne
33 rue Mégevand - BP-33 - 25012 Besançon cedex -
FRANCE
Tél. : 03 81 82 26 74
Il y a de très nombreux musées qui
ont consacré tout ou partie de leurs salles à la
mesure tu temps. Voir à ce sujet (et à d'autres)
la page de Club-techno consacrée aux musées technologiques
:
http://www.club-techno.fr/annu_musees.html
Musées du Temps en France et en Europe
Musées de France
Musée du Temps à Besançon
- Musée de France
Palais Granvelle
96 Grande rue
25000 BESANCON
Tél : 03.81.87.81.61
Télécopie : 03.81.87.81.60
Musée du Temps à Briançon
45, Grande Gargouille
05100 Briançon
04 92 21 07 93
Musée
du Décolletage et de lHorlogerie à Cluses
(74)
100 place du 11 novembre - Espace Carpano et Pons
74300 CLUSES - FRANCE
Tel: (33) 4 50 89 13 02 fax: (33) 4 50 96 46 99
Site : http://www.musee-horlogerie-decolletage-sur.le-decolletage.fr/
Musée des Beaux Arts à Dijon
MUSEE DES BEAUX-ARTS
Palais des Etats de Bourgogne
21000 Dijon
tél. : 03 80 74 52 70 fax : 03 80 74 53 44
http://www.ville-dijon.fr
e-mail : museedesbeauxarts@ville-dijon.fr
Musée National de la Renaissance à Ecouen
Musée des Arts décoratifs à Lyon
Musée de l'Horlogerie à Morteau
Musée des Arts et Métiers
Musée du Louvre à Paris
Musée des Arts Décoratifs à Paris
Saint Nicolas d'Alièrmont
Toulouse, Musée Paul Dupuy
Musée de la Montre à Villers le Lac
Villedieu les Poêles
Que tous ceux que l'on a oublié nous excusent
et peuvent nous demander à figurer dans notre liste en
nous écrivant