La saga de l'aviation (3)
Cette saga de l'aviation (troisième partie)
fait partie d'un triptyque (mesure
du temps, aviation et astronautique) qui a été réalisé
par des élèves de 4 classes de 3e du collège
Georges Pompidou à Orgerus (1997 à 1999) dans le
cadre d'une réalisation sur projet encadrée par
Solange E. leur professeur de technologie.
L'aviation
entre les deux guerres
La guerre a familiarisé avec l'aviation
bon nombre d'hommes qui l'ignoraient. Elle a formé beaucoup
de pilotes, de mécaniciens, d'ingénieurs, de spécialistes
de toutes catégories. Que vont faire ces équipages
démobilisés ? Transformer les redoutables avions
militaires en inoffensifs avions civiles le plus rapidement possible,
avec un minimum de frais. On ajoute un habitacle, des sièges
à la place des bombes, quelques coussins supplémentaires,
et l'aviation civile reprend son aventure stoppée en 1914,
en bénéficiant des progrès générés
par les militaires.
Les initiatives privées se multiplient.
Ainsi,
en février 1919, un avion français, le Goliath-Farman,
ancien bombardier, assure pour la 1ère fois un transport
public entre Paris et Londres. 11 passagers prennent cet avion.
Deux jours plus tard, 5 passagers s'envolent sur un autre ex-bombardier,
le Caudron, pour faire "Paris-Bruxelles". Le pilote
en profite pour acheminer du courrier. Encore 2 jours plus tard
13 autres passagers embarquent ... Les lignes Paris-Londres et
Paris-Bruxelles sont ouvertes. On affecte de nombreux avions militaires
aux liaisons postales. C'est la naissance de l'aviation marchande.
Les records recommencent à se tenter partout
dans le monde : toujours plus vite, plus haut, plus loin.
En
juin 1919, John Alcock et Arthur Brown partent de Terre Neuve
à bord d'un Vickers Vimy, ancien Bombardier. Ils atterrissent
en Irlande, dans un marais, et touchent la récompense de
10000 livres promis par un journal londonien. En décembre,
le même avion effectue le vol Angleterre - Australie. Ces
vols sont extrêmement périlleux car les engins sont
lourds et volent bas. De nombreux pilotes y laissent leur vie,
comme Charles Nungesser, as de guerre, disparu en mer en tentant
une traversée de l'Atlantique. Junkers construit alors
le 1er avion tout en métal et en 1921, l'armée américaine
met en service le 1er avion à cabine pressurisée.
Si ce sont les civils qui tentent les exploits, les armées
du monde entier ont acquis la certitude que leur aviation militaire
devait être la plus performante possible en cas d'un éventuel
conflit. Elles participent donc activement au perfectionnement
des appareils et entraînent leur troupe.
A
partir des années 20, on pense à utiliser les avions
pour atteindre des endroits difficiles d'accès par la route.
On les équipe alors de flotteurs, de patins, de skis, pour
transporter les amateurs de pêche vers leurs lacs préférés,
ravitailler les villages isolés, notamment dans le Grand
Nord, le désert ou la brousse, transporter les malades.
Parmi
les nombreux exploits de cette période, on remarque Charles
Lindberg, un jeune de 25 ans, qui réussit le 21 mai 1927
à relier New-York à Paris en solitaire, sur son
"Spirit of Saint Louis" en 33 heures. Il reçoit
25000 dollars qu'il dépense intégralement dans la
promotion de l'aviation. Les femmes ne sont pas exclues de cette
course.
En
1930, Amy Johnson relie l'Angleterre à l'Australie et en
1932, Amélia Earhart traverse l'Atlantique en solitaire.
Plusieurs compagnies apparaissent.
Walter
Beech crée la société Beechcraft et construit
en 1929 un biplan plus rapide que la plupart des avions militaires.
Boeing sort le "Boeing 247", avion civil avec train
d'atterrissage escamotable, puis le B17 bombardier appelé
"forteresse volante". Douglas construit, pour American
Airlines, un appareil révolutionnaire pour les passagers
: 21 places dont 14 couchettes confortables destinées aux
voyages de nuit.
Les avions de la
seconde guerre mondiale
En 1938, l'Allemagne invite le chef des forces
aériennes françaises à visiter son aviation
et ses usines. Il rentre surpris et très inquiet : malgré
le traité de Versailles interdisant à l'Allemagne
d'avoir une aviation militaire, les avions de bombardement allemands
sont plus rapides que les avions de chasse français. La
France, redoutant l'annonce imminente d'une prochaine guerre,
passe aussitôt une commande de 50 avions de chasse américains,
des Curtiss. Toutes les grandes puissances se hâtent de
mettre au point leurs forces aériennes. En septembre 1939
la guerre est déclarée. Dans les deux camps on est
conscient de l'importance du rôle de la flotte aérienne.
On ne demande pas seulement aux avions de combattre. Ils doivent
également transporter du matériel et de la nourriture,
repérer et photographier les positions ennemies, récupérer
les aviateurs abattus. Contrairement à la 1ère guerre
mondiale, on s'est aperçu que la formation des pilotes
était longue et coûteuse. Il convient donc de les
protéger au mieux. Ils sont tous munis de parachutes et
des équipes de secours sont mises en place.
Du
côté des alliés, une nouvelle génération
d'avions de combat entre en service. Le B17 et la version militaire
du DC3, le C47, sont envoyés sur tous les fronts. Se joignent
à eux le Spifire et le Hurricane britanniques. Ces deux
monoplans au fuselage aérodynamique, entièrement
en métal, atteignent 483 km/h.


En
Allemagne, le principal appareil de combat est le Messerschmitt
BF109. Les pilotes se sont entraînés dessus pendant
la guerre d'Espagne, 2 ans plus tôt. Il est muni de 2 mitrailleuses
à l'avant et un canon sous chaque aile. Plus rapide qu'un
Spitfire, il est moins maniable.
Quant
aux japonais, ils entrent dans la guerre avec le Mitsubishi A6M
Zéro, également conçu en 1937. Sa vitesse
est nettement supérieur à celle des avions alliés,
mais sa légèreté est synonyme de fragilité.
Malgré la vitesse de combat de ses appareils, la technique
utilisée par les pilotes reste celle de la guerre de 14-18
: ils attaquent en piqué, face au soleil pour surprendre
l'adversaire ébloui. L'avantage est acquis aux avions les
plus rapides. Lors de la bataille d'Angleterre, seuls les radars
récemment mis au point permettent aux Spitfire et Hurricanes
de repousser l'offensive allemande. En 1943, de nouveaux chasseurs
américains prennent le dessus sur les "Zéros".
Désespéré, les pilotes japonais décident
de détruire les porte-avions alliés. Une seule solution,
compte tenu de la technologie des Zéros, s'écraser
avec leurs engins sur les navires ennemis. Ce sont les "Kamikazes",
qui signifie "vent divin" en japonais. 20% de la flotte
américaine est ainsi coulée dans le Pacifique.
En
1944, en France, un petit avion de chasse allemand traverse les
formations alliées, à une vitesse encore jamais
vue, détruisant les bombardiers sur son passage (16 victoires
seulement à son actif). Il s'agit du Messerschmitt Me 163
Komet qui vole à une vitesse de 965 km/h !... mais consomme
tout son carburant en 7 minutes, et, s'il reste une seule goutte
de ce carburant à l'atterrissage, il s'enflamme ! Les alliés
attendent que son moteur s'arrête pour l'attaquer et l'abattre.
Et le 8 mai 1945, l'Allemagne capitule.
Il reste à stopper la guerre meurtrière
au Japon.
Les Américains viennent de mettre au point
une nouvelle bombe qu'ils lancent sur Hiroshima. C'est la bombe
atomique. La guerre s'arrête.
Les avions de 1945 à
nos jours
Le
Komet de Messerschmitt était le 1er avion à réaction.
Les avions munis de moteurs traditionnels ne peuvent dépasser
les 700 km/h. Pour aller plus vite, il leur faut se libérer
de l'énorme poids que représentent les pistons et
l'huile et réduire le maximum de mouvements mécaniques.
On invente alors un moteur basé sur la puissance que dégage
du gaz comprimé qui se détend brutalement. Si l'on
ouvre un orifice dans un ballon de baudruche bien gonflé,
il s'envole rapidement dans la direction opposé à
l'orifice d'où l'air s'échappe : c'est la réaction.
Il suffit d'avaler de l'air d'un côté, de le comprimer,
de le chauffer puis de le relâcher brutalement pour faire
avancer un engin. Von Opel, constructeur allemand automobile,
est le 1er à mettre au point un tel moteur en 1928. On
distingue les turboréacteurs qui compriment l'air à
l'aide d'un compresseur, et les statoréacteur, qui ne possèdent
aucune pièce mobile : le débit de l'air est proportionnel
à la vitesse.
Le
premier avion commercial propulsé par des turboréacteurs
est le De Havilland Comet qui fit son premier vol le le 27 Juillet
1949 et son premier décollage commercial le 22 janvier
1952. Ses concurrents, notamment le Boeing 707 et le Douglas DC-8,
suivront de très près.
La compagnie française Sud Aviation crée,
en 1955, le 1er avion de ligne à réaction avec réacteurs
à l'arrière et qui connaîtra un vif succès
grâce à son confort, sa rapidité et la possibilité
d'atterrir d'une manière totalement automatique : la Caravelle.
Les
avions peuvent enfin aller plus vite mais ils se heurtent alors
au "mur du son" : à la vitesse du son, l'air
que déplace l'avion provoque des ondes de chocs qui peuvent
le désintégrer. Il faut donc modifier les carlingues
pour résister à ces ondes. En 1947, l'américain
Chuck Yeager passe le mur du son dans son Bell X-1. On doit alors
résoudre le problème du "mur de la chaleur"
: à très grande vitesse le frottement de l'air échauffe
et fait fondre les matériaux.
On défini le nombre "Mach" comme
étant le rapport entre la vitesse de l'avion et la vitesse
du son. Ainsi, un avion volant deux fois plus vite que le son
a une vitesse égale à Mach2.
Le
1er avion de transport supersonique, mis au point par une équipe
franco-britannique en 1969, est le "Concorde". Sa vitesse
permet de traverser l'Atlantique en 3 heures. Mais sa capacité
réduite (seulement 128 passagers) et la hausse du prix
du pétrole le rendent non compétitif. Seules Air-France
et British Airway l'utilisent. D'une grande fiabilité,
il doit rester en service jusqu'au 21e siècle.
Trois ans après Concorde, l'A-300 de la
compagnie Airbus Industrie, regroupant plusieurs constructeurs
européens, est mis en service (1972). Très économique,
il offre toutes les garanties d'une technologie de pointe. Actuellement,
après l'A330 puis l'A340, Airbus projette de sortir un
très gros porteur de 80 m d'envergure pouvant contenir
800 passagers !
Airbus
a même dans ses cartons un projet d'aile volante de 90 mètres
d'envergure qui pourrait embarquer 1000 passagers. On retrouve
des projets identiques dans d'autres pays, notamment en Russie.
Boeing semble privilégier la fréquence des vols
à la capacité de ses avions.
Les ingénieurs travaillent actuellement sur des projets
d'avions futuristes mis au point et testés par ordinateur.
L'informatique permet de réduire le coût de la conception
des nouveaux appareils mais également celui de la formation
des pilotes. Les élèves s'entraînent au sol
à bord d'un simulateur de vol : ils peuvent se livrer à
toute sorte d'exercices sans mettre en danger ni l'appareil ni
leur propre vie. Ce système de formation concerne aussi
bien les élèves pilotes de ligne que les futurs
pilotes de chasse. Dans le domaine militaire, les avions furtifs
sont devenus essentiels à la stratégie aérienne.
Leur forme insolite et leur revêtement spécial se
combinent pour absorber ou disperser les ondes radar, au lieu
de les renvoyer vers le radar ennemi. Ils deviennent ainsi "invisibles"
puisqu'ils échappent à la détection des radars.
Leurs commandes électroniques les rendent faciles à
piloter. Ces avions ont fait leurs preuves dans la guerre du Golfe,
en Irak.
Les
chercheurs étudient actuellement des casques à système
de visée électronique intégré. Pour
lancer un missile, il suffira au pilote de fixer l'objectif et
de donner un ordre vocal à l'ordinateur de bord. On s'oriente
également vers la mise au point d'avion manoeuvrables à
distance sans pilote à bord. On les appelle "drones".
Ils sont déjà opérationnels en tant qu'avion
d'observation, mais on songe également à les utiliser
comme appareil d'attaque. Les progrès technologique vont-ils
ouvrir la porte à la guerre aérienne automatique
?
On
pourrait également relier ces robots à des satellites,
et leur faire accomplir une foule de missions : reconnaissance,
surveillance, détection de mines et de sous-marins. Le
Mantan (ci-contre) développé aux États-Unis,
est un prototype de "guetteur du futur".
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Les
avions d'affaires se situent à mi-chemin entre les
avions de tourisme et les avions de ligne. Ils sont pilotés
par des pilotes professionnels salariés et leurs passagers
sont des hommes d'affaires ou des hommes politique. Ils disposent
à bord de tous les outils modernes de communication
: Fax, téléphone, ordinateur. Les clients peuvent
ainsi éviter les pertes de temps dans les aéroports
et continuer leur travail pendant leur déplacement
avec un maximum d'efficacité. |