La saga de l'aviation (4)
Cette saga de l'aviation (quatriième partie)
fait partie d'un triptyque (mesure
du temps, aviation et astronautique) qui a été réalisé
par des élèves de 4 classes de 3e du collège
Georges Pompidou à Orgerus (1997 à 1999) dans le
cadre d'une réalisation sur projet encadrée par
Solange E. leur professeur de technologie.
Les
hydravions
"Vous
pouvez rire, n'empêche que c'est là, j'en suis sûr,
la formule de l'avenir ! il y a sur la surface du globe trois
fois plus d' eau que de terre, et, si plus tard on veut voyager
en aéroplane, il faudra bien qu'on se préoccupe
de s'envoler et de se poser sur l'eau !". Tels sont les
propos tenus par la victime quand les témoins de l'accident
s'efforcent, en riant, de la hisser sur la berge. Nous sommes
en juillet 1905, et Gabriel Voisin vient de prendre un bain forcé
dans la Seine en essayant son dernier prototype : un planeur monté
sur flotteur.
Il n'est pas le seul à avoir eu cette idée
: en 1871, Alphonse Pénaud avait déjà rédigé
un projet d'étude sur un aéroplane dont la coque
était en forme de bateau. En effet, comme dit Gabriel Voisin,
"la mer est un immense champ d'atterrissage, ce serait stupide
de ne pas l'utiliser." De nombreuses tentatives sont alors
entreprises dans le monde entier. De plus, cela fait 10 ans que
Blériot à traversé la Manche, et de nombreux
"casse cou" rêvent de l'Atlantique : mais sa largeur
effraie !
Avec
l'hydravion, le risque est moindre : en cas d'anomalie, on pourra
toujours se poser sur l'eau ! C'est ainsi que 3 hydravions "Navy
Curtiss" s'envolent de Terre-Neuve, le 16 mai 1919. Quatorze
heures plus tard, le NC-4 amerrit aux Açores, mais les
2 autres, ont dû se poser en plein océan avant d'être
remorqués par la Marine américaine qui les suivait.
Au bout de 23 jours, le NC-4 atteint Playmouth, en Angleterre,
après avoir changé 3 fois de moteur. L'utilisation
de l'hydravion fut donc une sage décision, et cet engin
bâtard a enfin prouvé son efficacité.
L'hydravion ouvre les portes de l'aviation, non
seulement aux longues traversées maritimes, mais également
aux régions qui n'ont pas de piste d'atterrissage : il
peut se poser sur n'importe quel fleuve ou lac. Les compagnies
d'aviation s'y intéressent pour capter la clientèle
fidèle des paquebots de croisière.
Plus
rapides, ils offrent le même confort et une vue exceptionnelle.
Les ports font office d'aéroport : l'hydravion jette l'ancre
et un petit bateau transporte les passagers jusqu'à leur
hôtel. Se dirigeant comme les navigateurs, en notant la
position des astres, les plus gros hydravions volent à
environ 290 km/h. La traversée de l'Atlantique dure 20
heures. L'hydravion prend ainsi, dans les années 30, la
1ère place dans le transport aérien. L'arrivée
de la seconde guerre mondiale transforme ces appareils en patrouilleurs
et avions de sauvetage. Ils traquent les sous-marins et se portent
au secours des aviateurs abattus. Après la guerre, le prix
de la construction et de la maintenance des hydravions est beaucoup
plus élevé que celui des nouveaux avions. Ils sont
donc petit à petit abandonnés, sauf dans certaines
missions particulières.
Ainsi,
la société canadienne Canadair, pense à les
utiliser dans la lutte contre les incendies.
De nos jours, un constat s'impose dans de nombreux
pays industrialisés : les aéroports sont saturés,
il faut les agrandir ou en construire de nouveaux. Cela pose de
gros problèmes d'ordre économique et social. Les
paroles de Gabriel Voisin ne sont pas tombé dans l'oubli
: "l'hydro 2000", projet français encore à
l'état de prototype, est conçu pour utiliser la
mer comme piste d'atterrissage. Un problème reste à
régler : il nécessite un couloir de navigation de
5 km de large. Affaire à suivre ...
Les hélicoptères
Décoller et atterrir
verticalement est le privilège des ballons, mais ils sont
tributaires des conditions atmosphériques. Les avions ont
gagné leur autonomie d'envol, mais une longue piste face
au vent leur est nécessaire. Comment un plus lourd que
l'air peut-il quitter le sol verticalement, atterrir sans contrainte
de piste, rester maître de sa direction et faire du "sur-place"
comme un de colibri ?
L'utilisation de l'hélice s'impose
très vite aux 1ers chercheurs, d'où le nom d'hélicoptère,
issu de l'association de 2 mots grecs : "hélix qui
signifie spirale et "ptéron" qui signifie aile.
Une hélice d'avion se comporte comme une hélice
de navire : mise en rotation, elle avance dans le fluide en pénétrant
de la même façon qu'une vis dans un écrou.
L'air est aspiré en avant et refoulé en arrière.Ce
système, utilisé par les chinois dès l'antiquité
dans la fabrication de jouets est repris par Léonard de
Vinci, au XVe siècle, dans ses plans qui ne seront jamais
réalisés.
Il
faut attendre le XIXe siècle pour que quelques audatieux
se lancent dans la réalisation et les essais de tels engins.
Ils concluent très vite que pour faire tourner l'hélice,
un moteur est nécessaire. On retrouve alors les mêmes
difficultés que l'aviation à moteur mais un nouveau
problème surgit en plus : : lorsque l'hélicoptére
décolle, il se met à tourner en sens inverse de
l'hélice ! Drôle de manège, mais difficilement
pilotable ! Pour contrecarrer cette rotation inopportune, on ajoute
alors une autre hélice. Après que de nombreux amateurs
aient laissé leur vie dans ces essais, on assiste de nouveau,
en août 1907, à la victoire de l'homme sur la pesanteur
avec Paul Cornu. Il s'élève d'abord de 40 cm, puis
monte jusqu'à 1,50 m. Son appareil se casse à l'atterrissage.
Personne ne s'interessant à ses travaux, il abandonne ses
recherches, découragé, faute de ressource.
En allemagne et aux Etats-Unis, on fonde
de grands espoirs sur ce type d'appareil. Après des recherches
acharnées, le 1er hélicoptère opérationnel
sort en Allemagne en 1936. Il manque encore de stabilité.
En 1938, Igor Sikorsky, un ingénieur américain d'origine
russe, équipe son appareil appelé VS-300 d'un rotor
de queue : Cet appareil resteta longtemps le prototype de la plupart
de hélicoptères.

La guerre éclatant, les militaires
s'emparent de cette invention pour assurer le transport de troupes
et la destruction de chars ennemis. En effet, leur maniabilité
leur permet de surgir à l'improviste pour larguer leur
missiles.
En
temps de paix, l'helicoptère trouve de nombreuses applications.
Il ne peut aller très vite, mais il peut se poser n'importe
où, en montagne, au milieu des cirques et des gorges les
plus abruptes, sur le toit d'un hôpital, là où
ni voiture ni avion n'ont accès. Sa possibilité
de faire du "sur place" le rend indispensable dans de
nombreux sauvetages.
Les ULM
En
1970, l'homme peut se rendre n'importe où sur le globe
en un temps record : l'utilisation de l'avion est entrée
dans ses moeurs. Mais si son désir de vaincre les distances
est assouvi, sa soif de sensation de liberté de son corps
ne l'est pas. Dans un avion, on part d'un aéroport, on
s'assoie comme dans un autocar, on arrive à un autre aéroport
: aucune ressemblance avec la fantaisie libre de l'oiseau si longtemps
recherchée par nos ancêtres. C'est ce profond désir
qui est à l'origine d'une idée folle : revenir aux
engins "bricolés" du début du siècle
en y incorporant les matériaux modernes et notre expérience
de l'aérodynamisme, et décoller, voler, tournoyer,
chacun à sa guise, sans carcasse autour ni horaires imposés.
C'est en Californie, dans les
années 70, qu'un certain nombre de "fous volant"
montent une toile légère sur des tubes de métal
reliés à un petit moteur, style moteur de tondeuse
à gazon. Une hélice à l'arrière, et
ce minuscule angin décolle et vole. Le temps n'est plus
aux records et on se contente d'une vitesse de 40 km/h à
basse altitude, pourvu que l'on éprouve pleinement le plaisir
de voler.
Il faut environ une dizaine
d'années pour que ces objets volants Ultra Légers
Motorisés arrivent en Europe. On les appelle des U.L.M.
On rencontre principalement 2 catégories d'ULM. Les monoplaces
et les biplaces.

Les
ULM pendulaires se caractérisent par des ailes, ressemblants
à des parachutes, accrochées à un siège
pour le pilote avec ou sans charriot pour l'atterrissage.
D'autres, plus sophistiqués,
possèdent une véritable carcasse comme les petits
avions, dirigés par le pilote avec le poids de son corps,
selon la même méthode qu'Otto Lilienthal. On les
appelle des ULM multi-axes. Selon les modèles, on peut
atteindre 150 km/h. Petit à petit, le monde de la compétition
s'empare de ces engins, et la Féfération Aéronautique
Internationale fixe une masse à vide maximale : 150 kg
pour un monoplace et 170 kg pour un biplace. Des règles
de sécurités sont imposées aux pilotes. Ils
doivent notamment être agés de plus de 15 ans et
posséder un brevet théorique de pilotage d'avion
ou de planeur, ou de ballon, ou d'hélicoptère.
Ces
appareils pouvant se déplacer dans les coins les plus reculés,
on protège également la population restée
au sol. Entre autres, les pilotes sont tenus de voler à
une altitude telle que le bruit au sol ne dépasse pas 65
décibels, c'est à dire le bruit d'un moulin à
café électrique. Les nombreuses compétitions
le font connaître au public par l'intermédiaire des
médias, et plusieurs catégories professionnelles
se mettent à l'utiliser.
On retrouve ainsi des ULM pour
l'épandage en agriculture, pour la surveillance, les photos
aériennes, le remorquage de banderolles, et même
le tractage de planeurs ultra légers. On compte actuellement
en France environ 4000 ULM et 6000 pratiquants. Les derniers modèles
utilisent des matériaux composites de hautes technologie.
Les aéroports

Au
début de l'aviation, une colline pour décoller et
un champ pour atterrir suffisaient aux aviateurs. Dans les années
30, début de l'aviation civile, on construit des grands
hangars pour parquer les avions et des pistes en gazon pour le
décollage et l'atterrissage. Dans les années 60,
ce mode de transport devient accessible à un plus grand
nombre de voyageurs. Pour s'adapter à cette situation,
il faut créer des structures d'accueil au sol : salle d'attente
à l'abris des intempéries, boissons, journaux, toilettes,
téléphones. Dans le monde entier, les aéroports
se dotent de terminaux modernes et de pistes plus grandes, plus
solides, toujours construites face aux vents dominants. Afin d'éviter
aux passagers de traverser les pistes sous la pluie ou dans le
vent, ils construisent des rampes d'accès permettant d'aller
directement du terminal à l'avion. Avec l'arrivée
des gros porteurs qui peuvent embarquer plusieurs centaines de
passagers, les structures doivent encore s'agrandir.
On
construit des "camions-tracteurs" pour tirer les avions
depuis leur aire de stationnement jusqu'au terminal. La nourriture,
les boissons et divers produits, sont chargés à
bord des avions au moyen de plates-formes élévatrices
à fourche. Le carburant est amené par canalisation
depuis les réservoirs souterrains jusqu'aux camions distributeurs.
Ceux-ci rouleront ensuite jusqu'aux avions pour faire le plein
des réservoirs de Kérozen.
Les aéroports assurent
également le tansit du fret, c'est à dire des marchandises,
allant du bétail vivants au diamants. Le fret peut être
transporté par avion-cargos, ou dans la soute des avions
de ligne, à l'intérieur de conteneurs. En 1990,
l'aéroport de Roissy a traité plus de 60 000 tonnes
de fret. Ces immenses aéroports sont de véritables
villes. Plusieurs milliers de personnes y travaillent.
La
tour de contrôle est le centre nerveux des aéroport.
Les contrôleurs aériens, appelés aussi "aiguilleurs
du ciel", donnent aux pilotes les indications nécessaires
à l'atterrissage, au décollage et à toutes
les manoeuvres d'approche. De puissants radars permettent aux
contrôleurs d'avoir à tout moment une image précise
de la circulation aérienne autour de l'aéroport
et d'éviter les collisions.
Au
sol, sur les pistes, pilotes et techniciens dialoguent à
l'aide d'un langage codé par la position des bras et des
mains. Ils peuvent dire : "La voie est libre", "avancez",
"arrétez", "tournez à droite",
" tournez à gauche", "ralentissez",
"arrêt d'urgence", "coupez les moteurs",...
La circulation aérienne n'est pas
la seule activité d'un aéroport. Des équipes
de secours se tiennent prêtes à intervenir en permanence.
A l'intérieur des terminaux, en plus des services de douane
et de police, on trouve des boutiques de toutes sortes, des banques,
des brasseries, des restaurants, des coiffeurs, des salles de
réunion et même parfois, une chapelle. Des hotels
insonorisés s'élèvent à proximité.
L'aéroport est devenu une importante vitrine du pays d'accueil.
Son esthétique extérieur est donc également
soigné.
FIN